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Donation, donation partage ou testament, quelle voie convient à votre situation familiale ?

Trois outils reviennent dans toutes les conversations de famille, et on les confond souvent. Ils n’agissent pourtant ni au même moment, ni avec les mêmes effets sur l’équilibre entre vos enfants. Voici ce que chacun fait vraiment, ce qu’il coûte en irréversibilité, et les limites qu’aucun des trois ne franchit.

Femme d’une cinquantaine d’années debout devant une table où trois chemises cartonnées ivoire sont disposées côte à côte, la main posée sur l’une d’elles
comparatif, Cahier de transmission

La réponse tient en trois phrases, et tout le reste de cet article sert à la vérifier sur votre situation.

  • La donation simple convient quand vous voulez qu’un bien change de mains maintenant, et que vous acceptez de ne plus pouvoir revenir en arrière.
  • La donation partage convient quand vous avez plusieurs enfants, qu’ils s’entendent assez pour signer ensemble, et que vous voulez éviter la bataille de valeurs le jour de votre succession.
  • Le testament convient quand vous voulez garder la main jusqu’au dernier jour, quand votre patrimoine tient surtout dans votre logement, ou quand vous voulez protéger une personne qui n’est pas votre héritière.

Ces trois voies ne s’excluent pas. Beaucoup de dossiers patrimoniaux bien tenus combinent une donation ancienne, un testament récent et une clause bénéficiaire à revoir.

Trois outils, trois effets dans le temps

Le premier critère n’est ni fiscal ni affectif : c’est la date à laquelle l’outil produit son effet.

Ce qui sort de votre patrimoine tout de suite et ce qui n’en sort qu’au décès

Une donation est un acte présent. Le bien quitte votre patrimoine le jour de la signature. Vous ne le vendez plus, vous ne l’hypothéquez plus, et vous ne le récupérez pas parce que la relation s’est dégradée.

Un testament, lui, ne produit aucun effet de votre vivant. Vous restez propriétaire de tout, vous vendez ce que vous voulez, et vos héritiers n’ont aucun droit à faire valoir tant que vous êtes en vie. Un enfant qui vous réclame un testament réclame donc une intention, pas un bien.

Révocable ou définitif, la question qui tranche le plus souvent

Un testament se refait autant de fois que nécessaire : le dernier en date l’emporte sur les précédents. C’est sa force et sa fragilité, puisque personne ne peut compter dessus avant l’ouverture de la succession.

Une donation, à l’inverse, est en principe irrévocable. Le code civil ne prévoit que des cas de révocation très encadrés, notamment l’inexécution des charges imposées au donataire et l’ingratitude. Ce n’est pas une porte de sortie, c’est une exception judiciaire.

La donation simple, immédiate mais rapportable

La donation ordinaire est simple à comprendre et difficile à anticiper, parce que son effet réel se mesure des années plus tard.

Le rapport à la succession et la réévaluation au jour du partage

L’article 843 du code civil pose la règle que la plupart des familles découvrent trop tard : ce que vous avez donné à un enfant est présumé être une avance sur sa part, et se replace dans le partage au moment de votre succession.

La valeur qui compte n’est pas celle du jour de la donation. Elle s’apprécie au moment du partage, d’après l’état du bien à l’époque où il a été donné. Un studio donné à votre fille dans une ville où les prix ont doublé, une somme d’argent donnée à votre fils qui l’a consommée : les deux gestes vous semblaient équivalents, ils ne le sont plus au moment de compter.

Donation en avancement de part ou hors part successorale

Une donation peut être faite en avancement de part successorale : elle s’impute sur la part de l’enfant et rétablit l’égalité au décès. Elle peut aussi être consentie hors part successorale, c’est à dire en plus de sa part, dans la limite de la quotité disponible.

Cette mention n’est pas un détail de rédaction, c’est le sens même du geste. Une donation faite sans la préciser est réputée rapportable. Si votre intention était d’avantager durablement un enfant qui vous a accompagnée pendant des années, elle doit être écrite en toutes lettres dans l’acte.

La donation partage, qui organise et fige

La donation partage des articles 1075 et suivants du code civil fait deux choses en un seul acte : elle donne et elle répartit.

L’accord de tous les enfants, condition et difficulté principale

Son intérêt majeur est de neutraliser la réévaluation. Lorsque tous vos enfants ont reçu un lot et l’ont accepté, et que l’acte respecte les conditions posées par le code civil, les valeurs retenues sont celles du jour de la donation partage. Le bien qui flambe ensuite profite à celui qui l’a reçu, sans dette envers les autres.

La contrepartie est lourde : il faut que chacun signe. Un enfant fâché, un enfant qui vit à l’étranger, un enfant qui estime son lot moins beau que celui de son frère, et l’acte ne se fait pas. C’est souvent là que la conversation familiale doit précéder le rendez vous notarial, et non l’inverse.

Donation partage conjonctive et donation partage transgénérationnelle

La donation partage conjonctive est faite par les deux époux ensemble et permet de répartir des biens communs et des biens propres dans un même acte. Dans une famille recomposée, elle ne peut pas mélanger les descendances : un enfant ne reçoit que de son propre parent, sauf dans le cadre prévu par la loi pour les enfants communs.

La donation partage transgénérationnelle associe vos petits enfants, avec l’accord exprès de leur parent qui renonce, pour tout ou partie, à recevoir à leur place. Elle intéresse les femmes dont les enfants sont déjà installés et dont les petits enfants achètent leur premier logement. Elle suppose de parler à deux générations en même temps, ce qui n’est jamais neutre.

Le testament, réversible jusqu’au dernier jour

Le testament est l’outil le plus souple, et le plus mal rédigé de tous.

Olographe ou authentique, deux formes et deux niveaux de sécurité

Le testament olographe de l’article 970 du code civil doit être écrit en entier, daté et signé de votre main. Il ne coûte rien et se refait un dimanche matin. Sa faiblesse est la preuve : écriture contestée, date incomplète, formule ambiguë, document jamais retrouvé.

Le testament authentique est reçu par un notaire, en présence de témoins ou d’un second notaire. Il coûte davantage, il sécurise la rédaction et l’insanité d’esprit y est plus difficile à plaider. Si vous rédigez seule, la liste des vérifications à faire avant d’écrire un testament olographe vous évitera les erreurs de forme les plus fréquentes.

Legs universel, à titre universel ou particulier

Le legs universel porte sur l’ensemble de ce que vous laisserez. Le legs à titre universel porte sur une quote part, par exemple la moitié, ou sur une catégorie de biens comme vos immeubles. Le legs particulier porte sur un bien désigné, une somme, un tableau, un contrat.

Confondre ces trois catégories produit des successions ingérables. Nommer un exécuteur testamentaire, lorsque vos bénéficiaires vivent loin les uns des autres ou lorsqu’une personne fragile est concernée, évite que l’exécution de vos volontés dépende de la bonne volonté du plus proche géographiquement.

Trois situations concrètes et l’outil qui y répond le mieux

Le tableau ci dessous confronte les trois voies sur les critères qui décident réellement.

CritèreDonation simpleDonation partageTestament
Moment de l’effetJour de l’acteJour de l’acteDécès
Retour en arrièreQuasi impossibleQuasi impossibleLibre à tout moment
Valeurs retenuesRéévaluées au partageFigées si les conditions sont réuniesAppréciées au décès
Accord des enfantsNon requisRequis de tous les copartagésNon requis
FormalismeActe notarié le plus souventActe notarié obligatoireManuscrit ou notarié

Un patrimoine composé surtout d’un logement

Vous êtes propriétaire de votre maison, vous avez peu d’épargne disponible et vous comptez y vivre encore vingt ans. Donner l’immeuble en pleine propriété vous exposerait à dépendre de vos enfants pour la moindre décision. Le testament garde ici toute sa place, éventuellement associé à une donation de la seule nue propriété, décidée avec votre notaire.

Des enfants aux situations très inégales

Une fille cadre, un fils artisan qui traverse une année difficile, une aide déjà versée à l’un et pas à l’autre. C’est le terrain de la donation partage, parce qu’elle permet de nommer les écarts, de les faire accepter par écrit et de fixer les valeurs pendant que vous êtes là pour l’expliquer.

Une personne à protéger qui n’est pas héritière

Une sœur handicapée, une amie de trente ans, un beau fils que vous avez élevé. Aucun de ces liens ne crée de vocation successorale. Seul un legs ou une donation permet de leur transmettre quelque chose, dans la limite de la quotité disponible, et la fiscalité applicable entre personnes non parentes est la plus lourde du barème. Ce point se prépare, il ne s’improvise pas.

Les limites communes aux trois voies

Aucun de ces outils ne vous donne une liberté totale, et c’est la première chose qu’un notaire vous dira.

Aucune ne supprime la part réservée aux enfants

Vos enfants sont héritiers réservataires. Une donation, une donation partage ou un testament qui entament leur réserve les autorise à agir en réduction après votre décès, pour récupérer ce qui excède la quotité disponible. Cette limite s’applique aux trois voies sans exception, et c’est l’équilibre à trouver entre un second conjoint et les enfants d’une première union qui la met le plus souvent à l’épreuve.

Le rappel des donations antérieures dans le temps

Sur le plan fiscal, l’article 784 du code général des impôts oblige à déclarer les donations déjà consenties à la même personne et fixe le délai au terme duquel elles cessent d’être rappelées pour le calcul des droits. Le texte à jour est consultable sur Legifrance, le service public de la diffusion du droit. Retenez la logique plutôt que le chiffre : donner tôt et par étapes n’a pas le même coût que tout donner d’un coup.

Ces trois voies se choisissent sur des faits, pas sur des impressions : la composition exacte de votre patrimoine, le nombre et la situation de vos enfants, les donations déjà faites, les contrats souscrits. C’est précisément ce que l’inventaire guidé de Herelia met à plat, avec les pièces à réunir et les questions à poser. Vous pouvez ensuite demander une démonstration de Herelia et arriver chez votre notaire avec un dossier lisible et une décision déjà réfléchie. La revue annuelle de votre dossier patrimonial, saison après saison se charge du reste, car un choix juste aujourd’hui ne le reste pas dix ans.

Passer à votre situation

Herelia rassemble vos biens, vos contrats et vos volontés dans un dossier lisible que vous posez sur le bureau de votre notaire, avec la liste des pièces et les décisions à valider.

Écrivez-nous en quelques lignes où vous en êtes. Nous répondons à la main sous deux jours ouvrés et nous vous disons franchement si le logiciel est utile dans votre cas.

Portrait de Jimenez Julien, éditeur de Herelia

L’auteur de cet article

Jimenez Julien

Il conçoit Herelia, le logiciel qui met à plat le patrimoine, les clauses bénéficiaires et les volontés des femmes de cinquante à soixante ans avant leur rendez vous notarial. Il écrit ici la documentation qu’il aurait voulu trouver le jour où une succession de son entourage est restée bloquée quatre ans, faute d’un simple écrit.

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